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L’ avènement de la guitare électrique.
50 ans d’histoire. 1920/1970:
Catalogue de l'exposition.

14 octobre 2023 -13 janvier 2024
Cordaneum, Rue de la Station 4, 6900 Marloie (Marche-en-Famenne)

Reportage sur TVlux
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Nederlandstalige catalogus
Avec l’avènement de la guitare électrique comme fil rouge, nous allons voyager à travers le monde fascinant des instruments à cordes pincées, de 1920 à 1970. Au cours de cette période d’un demi-siècle, on recherche un volume sonore plus important pour la guitare, ce qui a pour consequence que cet instrument supplante le banjo, le ukulélé et la mandoline en popularité. Les développements les plus importants ont eu lieu en Amérique, à Chicago, qui est le centre, tant de la vie musicale,  que de la production et de la distribution de la guitare populaire.
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Introduction: Du sage au rebelle, du calme au bruyant.
Ou de l'intimité des salons (avant 1920) aux méga festivals (vers 1970).

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Guitare "romantique", Anonyme,
France (Mirecourt?), vers 1850.

John Feeley joue "Carolan's Farewell" sur la guitare de James Joyce
Les guitares du XIXe siècle sont généralement qualifiées de "romantiques", car elles appartiennent en grande partie à l’époque artistique qui répond au même nom. À la fin du XVIIIe siècle, la guitare à cinq chœurs avait évolué pour devenir un instrument à six cordes avec une touche séparée sur le dessus et des chevilles insérées dans des trous à travers la tête. Initialement, on continue à utiliser les barrages en échelle et les chevilles insérées par derrière. Les principaux centres étaient Paris et Vienne, bien que des fabricants tels que Fabbricatore en Italie et Panormo en Angleterre aient grandement contribué au développement de ce type d’instrument populaire.
La guitare présentée ici , avec son chevalet en "moustache" et sa tête en forme de guitare, est quasi identique à celle conservée au Musée James Joyce à Dublin, et qui appartenait à ce célèbre écrivain Irlandais.
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Copie récente d’une Fender "Stratocaster" et ampli Fender "Champion 600".

En contrepartie de la précédente, cette guitare, avec son petit amplificateur, souligne l’énorme évolution en moins d’un demi-siècle en ce qui concerne l’utilisation de l’instrument et son rôle dans la société.
Cette récente "Fender Stratocaster", considérablement modifiée, est à peine audible sans amplification, mais jouée via la petite "Champion 600" d’une puissance de seulement 5 watts, elle peut remplir des endroits beaucoup plus grands que la guitare de salon. L’amplification électrique a permis aux guitaristes de conquérir une place sur les grandes scènes.

Un bref aperçu chronologique

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1. Avant 1920 : l’intimité des salons
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2. 1920-1930 : les "Roaring Twenties" (les "années rugissantes").  Soulagement après les années de guerre. Banjos percussifs et nouveaux développements dans la construction des guitares.
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3. 1930-1940 : krach boursier de 1929 et les années de dépression.  Production de masse d’instruments meilleur marché et recherche de plus de volume sonore.

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4. 1940-1945 : Patriotisme et matériaux alternatifs pendant la 2ème guerre mondiale.
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5. 1945-1970 : impact de la sub-culture américaine en Europe et au Japon.  Sommet et effondrement de la production des guitares aux USA.
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6. Après 1970 : la production des guitares se déplace vers l’est et des modèles connus des grands fabricants comme Fender, Gibson, Marin et autres sont couramment copiés, entraînant des poursuites judiciaires.

Première partie (au rez-de-chaussée):
"La guitare et les autres cordes pincées"

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1. Les banjos

Les esclaves africains ont apporté des instruments à partir desquels le banjo surgirait plus tard en Amérique. Sous l’influence de la guitare, le nombre de cordes augmente et le manche est muni de frettes. Dans les années 1920 le banjo ténor à quatre cordes est fort en vogue dans les orchestres de jazz. Pendant la Seconde Guerre mondiale le patriotisme se reflète dans toutes sortes d’industries. Le renouveau folk des années 1950 et surtout des années 1960 a conduit à une renaissance du banjo.
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"Zither" banjo anonyme anglais à 7 cordes, vers 1915.

Rob MacKillop joue un morceau de Alfred Cammeyer sur un "Zither Banjo"
En 1869, le fabricant de banjo londonien William Temlett a breveté un banjo à 7 cordes qu’il a appelé "zither banjo" (cithare-banjo). Plus tard, ce type de banjos est devenu très populaires en Grande-Bretagne et avait 6 ou 7 cordes et une "table d’harmonie suspendue". C’est à dire que la peau était montée dans des anneaux métalliques fixés par dessus l’anneau de bois. Le résonateur à l’arrière permettait au son du banjo de sortir à l’avant de l’instrument.
Cela a augmenté le volume et le ‘sustain’ de l’instrument et a rendu faisable le fingerpicking dans un environnement de concerts. La "cithare-banjo" a été introduite aux États-Unis dans le dernier quart du 19ème siècle par Alfred D. Cammeyer.
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Banjo tenor Supertone
modèle  "Tango" équipé d’un Ferry "E-Z player", Chicago  vers 1925.

Un air sur un banjo tenor Supertone "Tango"
Vers la fin de la Première Guerre mondiale, la mandoline perd de sa popularité au profit du banjo, qui jouera son rôle dans les premiers groupes de jazz. Ce nouvel instrument était proche de la mandoline en terme de technique de jeu: un banjo à quatre cordes accordé en quintes, avec un manche plus ou moins court, joué avec un plectre comme la mandoline. Le banjo ténor était né. 
Le nom "Supertone" a été choisi en 1914 par la grande société de vente Sears à Chicago pour sa gamme d'instruments de musique. Le banjo tenor Supertone de cette collection a été doté d’un "E-Z players" par Ferry & Co à Chicago vers 1925. Ce dispositif à touches, breveté en 1921, devrait permettre aux non-musiciens de jouer des airs au banjo sans aucune connaissance de la musique (voir plus loin dans l'exposition).
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Banjo tenor Kay modèle "US patriot", Chicago vers 1943.

Ecoutez Günter Amendt tester un banjo Kay “Patriot"
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la production d’instruments décline fortement. L’utilisation des métaux est limitée et la main-d’œuvre est nécessaire ailleurs. Pourtant, ce banjo ténor attire le regard par sa décoration patriotique. Fabriqué par Kay aux États-Unis dans les années 1940-45, ce modèle est d’ailleurs appelé "US Patriot", en référence à la tête incrustée des lettres "U.S.", de la marque "Kay" et d’un aigle royal au-dessus d’un blason américain. Il a clairement été conçu avec le patriote américain à l’esprit, donc presque tout le monde aux États-Unis à l’époque. Kay a produit une autre variante de ce modèle avec le dessus du cheviller en faux bois de racine brunâtre.

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Banjitar Framus modèle "6/76", Bubenreuth vers 1958.

Ecoutez ce banjo Framus joué par l'auteur
Le banjo ténor adopté dans le jazz dans les années 1930, ne pouvait jouer que des notes relativement aiguës. Certains musiciens ont commencé à utiliser des banjos à six cordes, avec deux cordes plus basses ajoutées aux quatre cordes des banjo ténors habituels. L’idée de construire des banjos à 6 cordes conçus pour faciliter la vie des guitaristes a été principalement adoptée en Europe à la fin des années 1950.
Framus a lancé toute une série de banjos "Dixi" en 1957, dont un banjitar (modèle "6/76"). La caisse de résonance de ces instruments se composait d’un cadre métallique avec un résonateur en bois. La tête était recouverte de fausse nacre blanche ou bordeaux. Le modèle à six cordes ainsi que la version ténor à quatre cordes (modèle "6/74") se sont, tous deux, avérés très populaires.
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2. Les mandolines

Entre 1900 et 1920, la mandoline est très populaire. Les clubs de mandoline, pour hommes ou femmes, poussent comme des champignons. Après la Première Guerre mondiale, cependant, le banjo ténor est mis au premier plan, avec un accord similaire à la mandoline.
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Mandoline Bay State modèle "2 ½", Boston vers 1900.

Les guitares et mandolines "Bay State" ont été fabriquées par la John C. Haynes Company à Boston. Haynes, un ancien employé d’Oliver Ditson, a ouvert un magasin de musique en son propre nom en 1864 et a commencé à fabriquer des guitares vers 1887. L’atelier Haynes était l’aile de fabrication de Ditson & Co. de 1891 à 1904. Le succès de la mandoline vers 1900 se reflète dans un article de la Music Trade Review de 1899 : "Les mandolines "Bay State" se vendent librement cette saison dans tous les styles. L’illustration montre le nouveau style n ° 2 de 1899, avec un corps en palissandre, ayant dix-neuf bandes avec filets blancs entre chaque bande. Les trous et les bords sonores sont décorés d’incrustations de bois coloré fantaisie. La plaque de garde est en imitation d’écaille de tortue. Le manche est en acajou avec tête plaquée d’ébène". Ce bel exemple avec le chiffre "2 1/2" gravé sous la décalcomanie "Bay State" au dos de la tête, a un son riche concentré autour des médiums.
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Mandoline Oscar Schmidt "Sovereign", Chicago vers 1910.

Ecoutez cet exemplaire quasi identique
Jusque vers 1900, les mandolines à caisse de résonance bombée étaient courantes. Dans les années 1850, on développe en Europe une mandoline à fond plat, qu'on appelle parfois ici "portugaise". Puis, en 1898, Orville Gibson a créé un nouveau style de mandolines, avec des fonds et des tables voûtés, inspirés par la façon dont les violons sont fabriqués.
"Sovereign" était la marque de luxe d’Oscar Schmidt, et, en effet, cette mandoline à dos plat typique, possède une table, un fond et des éclisses en acajou de qualité. Avec sa touche perloïde et ses contours en paillettes dorées autour de la table et l'ouïe ovale, il a une apparence luxueuse, même si sa construction est fort simple.


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Mandocello probablement par Kay, Chicago vers 1935

Ecoutez le son d'un mandocello de 1939
Le mandocello ou mandoloncello est un instrument à cordes pincées de la famille des mandolines. Il comporte huit cordes réparties en quatre paires, accordées en quintes comme la mandoline, mais il est plus grand et accordé "CC-GG-dd-aa" comme un violoncelle, ou parfois aussi "AA DD GG cc". Souvent, les cordes basses ont un double d'octave plus haut, comme sur une guitare à 12 cordes. Comme la plupart des autres instruments de la famille des mandolines, le mandocello est originaire d'Europe. Plus tard, au tournant du 20e siècle, Gibson a commencé à construire des mandocellos dans le style de leurs mandolines avec des tables et des fonds creusés mais souvent avec une caisse de résonance en forme de guitare de jazz. Le mandocello était utilisé dans les clubs et ensembles de mandolines, souvent en quatuor, jusque vers 1920. De nos jours, il joue un rôle dans la musique folklorique, comme le bluegrass ou la musique celtique.
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Guitare ténor Kaykraft modèle "A", Chicago vers 1930.

Ecoutez la guitare tenor Kaykraft "Venetian body" tenor, modèle "A"
Après un différend sur les salaires en 1927, trois luthiers ont quitté l'usine Lyon et Healy à Chicago, et sont allé travailler pour Stromberg-Voisinet. Deux d’entre eux, Giuseppe Zorzi et Philip Gabriel, ont conçu la caisse de résonance dite "vénitienne" qui fera partie de l’identité de l’entreprise. Entre 1929 et 1935, de nombreux modèles ont été présentés montrant ce nouveau contour.
Cette guitare ténor modèle "A" à fond et éclisses en acajou et table en épicéa, a un manche en acajou réglable et une tête de type banjo "vénitien" avec superposition décorée de celluloïd blanc. Après avoir desserré le grand écrou à aile à l’intérieur de la caisse de résonance, il est possible d’ajuster la hauteur des cordes à volonté.
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3. Hawaï et les États-Unis

Après l’annexion d’Hawaï par les États-Unis en 1900, la culture hawaïenne est promue par un "battage médiatique". Le ukulélé conquiert l’Amérique et peu après la guitare "hawaïenne" y est introduite.
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Ukulélé soprano Kumalae modèle "1" ou "A", Hawaii vers 1920.

"Blue skies" sur un ukulélé soprano Kumalae, Hawaii vers 1920
Jonah Kumalae, né en 1874 au Hawaii, était un homme politique, homme d’affaires, éditeur, musicien et fabricant de ukulélé qui a remporté un "Gold Award" pour son ukulélé à l’Exposition internationale Panama-Pacifique de 1915. Cela l’a aidé à vendre ses ukulélés à des entreprises sur le continent américain et il a donc joué un rôle déterminant dans l’introduction d’une "nouvelle vague" de ukulélé et dans la popularité de la musique hawaïenne.
Kumalae était très prolifique, produisant jusqu’à 300 à 600 ukulélés par mois au sommet de son activité. Ses instruments étaient fabriqués en bois de Koa. Il avait un système de notation pour ses ukulélés de OABCD à E ou de 0 à 5. Cet exemplaire-ci est un 1 ou "A", ce qui signifie que c’était la deuxième qualité. On retrouve le logo "Gold Award" comme ici sur le cheviller, sur la plupart des ukulélés qu’il a produits entre 1915 et sa mort en 1940.
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Ukulélé soprano James R. Stewart "Le Domino", Chicago vers 1927.

Démonstration d'un ukulélé soprano Regal "Le Domino" 1920's
Le modèle "Le Domino" a été conçu par James R. Stewart, un luthier de Chicago qui, au début des années 1920, avait travaillé pour l’Harmony Company. En 1925, il a créé sa propre entreprise d’instruments frettés et, en quelques années, il avait breveté la conception unique de la tête du "Domino". Après sa faillite en 1930, Regal de Chicago a repris l’entreprise, y compris le modèle "Le Domino".
Bien que le corps et le manche peints de cet ukulélé aient été construits avec des bois de bouleau bon marché, le "Le Domino" était un instrument bien construit avec quelques touches élégantes, y compris un filet en celluloïd blanc autour de la table. Orné d’élégantes décalcomanies de petits dominos, cet instrument dégage tout simplement charme et délice. Chaque domino sur la touche porte le même nombre de points que la frette qu’il marque – un domino à trois points à la 3ème frette, un cinq points à la 5ème, etc.
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Version moderne d’une guitare hawaiienne d’après Herman Weissenborn, Los Angeles vers 1916

"Killing the Blues" sur une guitare hawaiienne Weissenborn
La figure la plus importante de l’histoire de la guitare hawaïenne est sans doute Joseph Kekuku (1874-1932) qui a commencé à utiliser une barre de métal poli sur une guitare à cordes d’acier en accord ouvert, posée à plat sur ses genoux. Alors que la plupart des joueurs utilisaient des guitares normales, les premières guitares hawaïennes spécialement conçues étaient fabriquées par le luthier Chris Knutsen. En 1916, le luthier allemand Herman Weissenborn reprend la production et réussi à affiner et à stabiliser la qualité des instruments. L’association du type de bois, du barrage en X et du manche creux, a mené à l’un des premiers pas dans la création des guitares plus sonores, suivie vers 1929 par le développement des résonateurs et des guitares électriques. Après 1930, les joueurs célèbres de l’époque, tels que Sol Hoopii, ont abandonné les Weissenborn, puis les "National Tricones", pour enfin se servir des guitares hawaiiennes électriques. Ironiquement, après Pearl Harbour en 1941 l’engouement américain pour la musique hawaïenne a pris fin brusquement. Mais à partir des années 1960, des musiciens célèbres tels que David Lindley et Ben Harper ont popularisé un renouveau de la guitare Weissenborn qui se poursuit jusqu’à ce jour.
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Guitare par la "Richter MFG Compagny" à Chicago vers 1935.

Écoutez une guitare Richter décorée à la hawaiienne, années 1930
La "Richter Manufacturing Co", fondée par Charles F. L. Richter en 1920, était une autre usine d’instruments à Chicago dans la période entre les deux guerres mondiales, aux côtés d’Oscar Schmidt, Harmony, Regal et Kay. Ils étaient spécialisés dans les guitares bon marché avec des corps en bouleau et des manches en peuplier, dont la plupart avaient des tables d’harmonie décorées aux décalcomanies très populaires à l’époque. Les années 1930 semblent avoir été la période la plus occupée pour Richter, avec des ventes directes sous leur propre marque ainsi que via des distributeurs tels que Buckeye, Buegeleisen & Jacobson et le grossiste Montgomery Ward.
La guitare montrée ici a le cheviller asymétrique caractéristique des Richter. La table, avec rosace peinte et contours simples, est décoré d’une belle fille hawaïenne hula jouant du ukulélé sur une plage de palmiers sous le soleil couchant, … à faire rêver ! Cet instrument, aussi basique soit-il, sonne aussi bien que n’importe quel Stella ou Regal contemporain en bouleau de l’époque : bluesy, mais bien sonore.
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Guitare "Del Oro" des usines Kay à Chicago, vers 1937.

"Home on the Ranch" sur une guitare Del Oro semblable
Cette "flattop" des usines Kay à Chicago est un produit typique de l'époque où tout le monde pouvait et voulait avoir une guitare. Les matériaux bon marché comme le bouleau pour la caisse de résonance étaient décorés d'éléments floraux ou géométriques, ou d'imitations d'incrustations dans des bois ou d'autres matériaux plus chers. Mais il s’agissait souvent de scènes figuratives avec des gondoles, des cow-boys ou, comme ici, des palmiers et des jupes hawaïennes. Ces sujets simples étaient censés évoquer l'atmosphère dans laquelle la guitare pouvait remplir sa fonction romantique et apaisante. Ici, un homme fait la sérénade à une beauté locale sur une plage exotique. Il était censé symboliser la belle vie à Hawaï et sa musique si populaire à l’époque. "Del Oro" et, dans une moindre mesure "Vaquero", étaient les marques utilisées des années 1920 aux années 1950 pour les instruments que Kay fabriquait pour le grossiste Spiegel. Dans le catalogue n° 144 de vente par correspondance de Spiegel de l'automne et de l'hiver 1937, cette guitare au prix de 6,98 $ est décrite comme "Moonlight at the beach in Waikiki, Dark Walnut finish". Le fond "noyer" fausse flamme contraste bien avec la scène en vert et blanc.
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Guitare hawaïenne Rickenbacker en bakélite, modèle "B", Los Angeles vers 1935

"Preachin' Blues" par Larkin Poe sur un modèle "B" de Rickenbacker
En 1931, George Beauchamp, qui avait participé à la création de la guitare à résonateur trois ans auparavant, développa la première guitare électrique à succès commercial : la Rickenbacker modèle A-22 Electro Hawaiian. Surnommée la "Frying Pan" en raison de sa forme, elle fut aussi la première guitare solid body. Le micro électromagnétique en forme de fer à cheval, monté sur un cadre en fonte d'aluminium avec une finition en émail doré, sonnait bien mieux et plus fort que le système Stromberg-Voisinet sorti en 1928 (voir plus loin dans l'expo ). Le son électrique était nouveau et, pour la musique hawaïenne, il s'est avéré plus qu'acceptable pour le grand public.
 En 1935, on introduit le modèle "B" en bakélite avec un contour plus conventionnel. Il était moins sujet aux changements de température que l'aluminium A-22. Pour réduire le poids, certaines parties sont creuses, recouvertes de plaques blanches en acier inoxydable. Commercialement, c'était l'instrument de musique le plus réussi fabriqué par Rickenbacker. La production a pris fin dans les années 1950, mais le modèle est toujours utilisé et très recherché.
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4. La naissance de la guitare "classique"

Après 1850, l’Espagnol Antonio de Torres Jurado (1817-1892) perfectionne la guitare de salon en concevant un renforcement en forme d’éventail et une caisse de résonance plus large. Francisco Tárrega (1852- 1909), le guitariste principal de la 2e moitié du 19e siècle, jouait sur une guitare Torres.
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Guitare classique

Rob MacKillop joue "Delita et Lagrima" par Francisco Tarrega sur une copie de guitare Torres
La naissance de la guitare clasique annonce déjà les recherches pour plus de volume sonore au siècle suivant. Le barrage en éventail et l'agrandissement de la caisse de résonance sont des exemples de techniques permettant de rendre le son plus audible pour une foule plus nombreuse.
L'utilisation de cordes en boyau, plus tard en nylon, et le type de barrage
sont les principales différences avec la guitare dite "folk" développée plus tard aux USA, avec ses cordes en métal et son barrage en X.
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Les enregistrements sonores et leur distribution commerciale

Grâce au gramophone, de nombreux styles musicaux ont été distribués, ce qui a contribué à la popularité de la guitare et d’autres instruments à cordes pincées. En publiant des disques vinyles et des manuels, on essaie de rendre le jeu de guitare aussi facile que possible. Les créateurs, les musiciens et les éditeurs en ont tous eu pour leur argent.
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Tourne-disque mécanique Edison-Bell, Londres vers 1925-1930.

"Ice Cream Song" sur un tourne-disque Edison Bell des années 1920
En 1877, Thomas Edison développa une machine capable, non seulement d’enregistrer la parole, mais aussi de la reproduire. Dix ans plus tard Emile Berliner, un immigrant allemand aux États-Unis introduisait les disques ronds pour enregistrer le son. Le commerce des gramophones commença à prospérer et dans les années 1910, commence la production des premiers appareils portables. C’est surtout pendant la première guerre mondiale, qu’ils gagnent en popularité et bientôt les premiers enregistrements de jazz apparaissent et, particulièrement important pour la guitare : le blues. Le son typique du blues de Chicago se reflète dans les disques de la décennie suivante avec des chanteurs-guitaristes tels que Howlin' Wolf et Jimmy Reed. Leur musique est distribuée par les radios émergentes, avec l'aide d'un nouveau phénomène : le DJ.
Nous avons ici un tourne-disque de gramophone à remontage vintage dans un étui noir recouvert de Rexine, fabriqué par Edison Bell, avec enrouleur et caisse de résonance d'origine.
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Pavillon d’enregistrement, vers 1930.

Au début, des pavillons comme celui-ci étaient utilisés pour capturer le son lors des enregistrements. Les musiciens se trouvaient face à l'appareil monté dans un trou dans le mur d'une pièce. Dans une pièce adjacente, les machines d'enregistrement captaient les vibrations, actionnées par des techniciens. Dans les années 1920, les maisons de disques comme Gennett à Richmond prospéraient aux États-Unis. Gennett a produit certains des premiers enregistrements de Louis Armstrong et King Oliver. Sa liste comprenait également Blind Lemon Jefferson, Charley Patton et Gene Autry. Columbia Records, Decca Records, Edison Bell, Pathé, Paramount et Victor figuraient parmi les labels les plus connus de cette époque. La qualité des enregistrements était limitée et ne pourra s'améliorer que lorsque l'électricité sera introduite dans le processus.

Interlude: quelques guitares avec ouïes en forme de f.

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Epiphone Zephyr E321, New-York 1949-1950.
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Guild Starfire III, Hoboken (USA) 1965.

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Oscar Schmidt “Rex” Faux Resonator, Chicago 1930's.

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Hopf Allround, Taunusstein 1965.

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Framus Atlantik 5/113 52T, Bubenreuth vers 1965.

Deuxième partie (1er étage à gauche):
Popularité, publicité, concurrence

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En un demi-siècle, entre 1920 et 1970, la guitare connaît un développement social, économique et technique sans précédent, notamment aux États-Unis. D’une atmosphère plutôt élitiste et intimiste, cet instrument évolue vers un produit de masse bruyant. Cette salle est dédiée aux principales caractéristiques de cette évolution :
1. La guitare atteint le sommet de sa popularité grâce à la publicité et les outils didactiques. Les principaux producteurs étaient basés à Chicago et la concurrence entre eux était féroce.
2. Il y a une recherche constante de nouvelles formes et de nouveaux matériaux. Les innovateurs dotés d’un sens aigu des affaires remportaient le plus de succès.
3. Les innovations étaient principalement motivées par la recherche d’un volume sonore plus élevé.
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1. Popularité et bonheur

Après le krach boursier de 1929, la guitare atteint le sommet de sa popularité. L’accent a été mis sur la production de masse d’instruments moins chers. La publicité et les outils didactiques rendent les instruments plus accessibles.  Les producteurs aiment présenter la guitare comme la voie du succès et du bonheur.
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C'est pour le guitariste que les femmes craquent!

Un thème récurrent dans les affiches promotionnelles et les publicités est la popularité des guitaristes, notamment auprès des femmes. La guitare est l'instrument par excellence pour devenir heureux et pour réussir. Un argument supplémentaire est le fait qu’il est relativement bon marché. En revanche, il vaut mieux opter pour la qualité. Par exemple, Gibson aime utiliser le slogan : "Only a Gibson is good enough" (Seule une Gibson est assez bonne).
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2. N'importe qui peut
jouer de la guitare!

Pour convaincre les non-musiciens, et donc les acheteurs potentiels, toutes sortes d'outils ont été mis en place par les producteurs et éditeurs aux USA. Ceux-ci visaient à donner l’illusion qu’il était possible à n’importe qui de jouer d’un instrument, même au plus grand ignorant dans ce domaine. Voici quelques exemples.

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Ukulélé baryton Keykord (Kaykraft), Chicago, vers 1930.

Démonstration d'un  ukulélé baryton "Keykord"
Pour attirer les non-musiciens, et donc les acheteurs potentiels, toutes sortes d'appareils ont été introduits par les producteurs et les éditeurs aux États-Unis dans les années 1920 et 1930. Les clients ont donc été amenés à croire qu’ils pouvaient apprendre à jouer d’un instrument, même sans talent. Ainsi, le Keykord a été introduit par Stromberg-Voisinet -plus tard Kay- de Chicago, avec un clavier cachant un mécanisme compliqué pour jouer des accords. Le manuel d'accompagnement de 1929 dit : "the Keykord action removes the technical difficulty of playing these instruments" (l'action Keykord supprime la difficulté technique de jouer de ces instruments"). Cependant, la guitare et le banjo Keykord ne se vendront jamais bien. Après tout, le lancement tombait au mauvais moment : l’engouement pour le ukulélé déclinait et le krach boursier de 1929 annonçait une période de crise d’au moins dix ans. De plus, le système de touches compliqué s'est avéré ne pas être une bonne alternative aux doigtés "normaux" du vrai ukulélé. (Voir aussi les banjos)
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Guitare Oscar Schmidt "First Hawaiian Conservatory of Music" avec schéma d’accords collé sur le manche, Chicago, vers 1925.

Blind Willie Johnson joue "Dark Was the Night" en 1927
Ecoutez une guitare "First Hawaiian Conservatory of Music" faite par Oscar Schmidt
Un autre outil didactique est une bande de papier imprimée qui peut être collée sur le manche de la guitare si on le souhaite. La guitare économique présentée ici, fabriquée par Oscar Schmidt, porte une telle étiquette en papier qui indique les positions des accords "slide". Au bout de la touche il y a une marque : "Pat. applied for  Copyrighted 1917 by R A Wilkins". Le "First Hawaiian Conservatory of Music" (FHCM) est bien documenté comme outil de marketing par correspondance pour la société Oscar Schmidt. Si le candidat signait un contrat pour un an de cours, l'entreprise offrait gratuitement une guitare comme celle-ci, généralement avec un corps en bouleau, une finition sunburst brun orangé, un barrage en échelle et un manche en peuplier. Il était destiné au jeu de style hawaïen, mais lorsqu'il est joué dans la position normale, il produit un son boisé et percutant bien adapté au blues. Le bluesman Blind Willie Johnson, entre autres, peut être vu sur une ancienne photo avec une telle guitare.
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3. Les grossistes et
leurs marques

Les fabricants ont livré des instruments sous leur propre nom, mais ils fournissaient généralement des sociétés de distribution appelées "wholesalers" ou "jobbers", tels que Sears et Montgomery Ward. Ceux-ci avaient généralement leur propre marque ("housebrand") apposées sur les instruments. Les plus connues sont sans aucun doute "Supertone" et "Silvertone".
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Qui a fait quoi? Le monde compliqué des grands producteurs et des "marques maison" (housebrands).

L'histoire de Sears & Roebuck (en Anglais)
 Les grossistes et même les détaillants demandaient aux fabricants d'apposer la marque de leur choix sur les instruments fournis. L’origine ne peut être déduite que sur base des caractéristiques techniques ou esthétiques de chaque atelier, telles que la forme du cheviller, les ouies, la longueur des cordes, etc.  Pour illustrer ce phénomène, voici des contours de têtes de banjos des années 1920. Chaque fabricant utilisait un ou plusieurs motifs propres à leur produit. Le nom de marque appartenant à un distributeur particulier était ensuite appliqué à l'instrument. Ici on voit des têtes de banjos faits par Kay, mais toutes portant des marques différentes.
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Guitare "Avalon" par Oscar Schmidt, Chicago, vers 1930.

"Cocaine Blues" sur une "Stella" par Oscar Schmidt
La concurrence entre les fabricants d’instruments abordables était féroce. Les plus importants avant 1940 étaient Oscar Schmidt et Harmony, tous deux basés à Chicago. La plus grande capacité de production n’était donc pas atteintes par les grandes marques bien connues telles que Gibson et Martin, mais par les fabricants possédant le plus grand reseau de distribution. La plupart de ceux-ci étaient installés à Chicago.
Les instruments Oscar Schmidt étaient largement distribués par certains des plus grands revendeurs d'instruments de musique. L'un d'eux était Henry Stadlmair, un distributeur d'instruments de musique new-yorkais, qui vendait  les guitares fabriquées par Hermann Weissenborn sur la côte Est  des Etats Unis. Alors que ses instruments portaient parfois l'étiquette "Stadlmair" sur la tête, c’est le nom "Avalon" qui était le plus souvent utilisé. Cette guitare est à nouveau fabriquée en bouleau massif et possède un manche en peuplier, avec une finition en sunburst "acajou" marron foncé. La rosace avec un motif floral doré se trouve sur beaucoup d'instruments Oscar Schmidt, qui a été l'un des premiers à utiliser des décalcomanies colorées. La surface argentée brillante de la touche a été ternie par des heures de jeu intensif.
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Guitare "Supertone", construite par Harmony pour Sears, Chicago, vers 1930.

Ecoutez une autre Supertone noire  faite par Harmony vers 1930
Une guitare semblable, même son
De 1916 à 1940, Sears, Roebuck and Co. de Chicago, alors la plus grande société de vente par correspondance au monde, possédait Harmony qui était l'une des usines de fabrication d'instruments les plus prolifiques des États-Unis. Sears avait choisi comme nom de marque "Supertone" pour leurs instruments à cordes. Lorsque Sears a revendu Harmony aux dirigeants d'Harmony même, ils ont commencé à utiliser "Silvertone" à la place.
La Supertone noire dans l'exposition a été fabriquée à partir de bois bon marché, mais elle brille à travers ses décalcomanies aux motifs orientaux et floraux et la reliure en damier autour de la rosace et des bords. La touche en perloïde gris augmente l’effet dramatique.
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Silvertone modèle "1454", fait par Harmony pour Sears and Roebuck, Chicago 1964.

Une Silvertone "1454" jouée par Vince Lee
 Même après 1945, les grandes usines de Chicago sont restées les principaux fournisseurs de guitares économiques. Harmony avait une plus grande capacité que toutes les autres combinées, avec environ un millier de guitares par jour à leur apogée dans les années 1960.
Comme on peut le lire dans les catalogues Sears de 1962 à 1967, leur guitare électrique Silvertone modèle 1454, fabriquée par Harmony, était de haut de gamme.  Plusieurs filets suivent les contours du corps archtop en érable laminé de qualité et les côtés du manche en érable vissé avec une touche en palissandre. Avec ses chevilles individuelles Waverly et son vibrato Bigsby, c'est une guitare fort luxueuse pour figurer dans un catalogue de grossiste. C'est un instrument au son exceptionnel, très polyvalent et doté d'une large palette sonore. Les trois interrupteurs permettent sept combinaisons des micros DeArmond possibles. Le 1454 est considéré comme un classique des "garage bands". Étant parmi les meilleures guitares jamais fabriquées par Harmony, on les retrouvait entre les mains de joueurs comme Dan Auerbach des Black Keys, Jack White des White Stripes et James Iha des Smashing Pumpkins.
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Kay "Old Kraftsman" Modéle  "K 161", surnommé  "Thin Twin", fabriqué pour le grossiste Montgomery Ward, vers  1954.

Démonstration d'une Kay K 161 "Thin Twin"
Après Harmony, Kay était le producteur le plus important aux États-Unis. Leur modèle "K 161", surnommé "Thin Twin", s'est fait connaître grâce aux grands noms du blues tels que Howlin' Wolf et Jimmy Reed. La K 161 était sans aucun doute la Kay électrique la plus connue et la plus réussie des années 1950. Créé en 1951, il fut produit jusqu'en 1959. Dans les catalogues Kay, il était appelé "Thin Twin", en référence aux deux micros à lame fine, qui sont en fait de gros "single-coil" partiellement cachés sous le pickguard, avec seulement le dessus visible. Ces micros sont en partie responsables du son solide caractéristique du K161, mais la construction en bois fait le reste. Le corps creux comporte deux barres de bois parallèles assez robustes qui traversent le centre sous les micros, réduisant ainsi le feedback et offrant du sustain. Plus de six ans après Kay, Gibson utilisera une structure intérieure similaire pour son modèle à succès: le "ES335". La version "Old Kraftsman" présentée ici - réalisée pour le grossiste Spiegel - était au moins aussi luxueuse que la version Kay elle-même : un corps en érable flammé, des éclisses en acajou et une table plate en épicéa, un chevalet en palissandre et des mécaniques Kluson Deluxe. Le pickguard en écaille de tortue sert de base au sélecteur à trois voies et aux quatre potentiomètres.
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Catalogues des "mailorder companies".

 À peu près tout pouvait être commandé via les catalogues des "wholesalers" comme Sears et Montgomery Ward: vêtements, appareils ménagers, armes et aussi… instruments de musique. Toujours après la Seconde Guerre mondiale, des sociétés comme Harmony, avec une production d'environ 1 000 guitares par jour à un moment donné, et dans une moindre mesure Kay, Danelectro, Valco et Regal, disposaient d'un marché stable pour leurs instruments bon marché et leurs instruments de qualité intermédiaire. Les grossistes ont proposé des noms particuliers pour commercialiser leurs instruments. Ainsi, les guitares Kay, Harmony, Danelectro et autres portaient toutes la marque "Silvertone" lorsqu'elles apparaissaient dans le catalogue Sears, ou "Airline" dans le catalogueur Montgomery Ward, et ainsi de suite. Kay, par exemple, a fabriqué des guitares sous son propre nom ainsi que sous la marque "Silvertone" pour Sears, "Sherwood" et "Airline'"pour Montgomery Wards, "Old Kraftsman" pour Spiegel, "Custom Kraft" pour St. Louis Music, "Truetone" pour Western Auto, "Penncrest" pour JC Penney. , etc. Ce phénomène, aussi déroutant soit-il, explique pourquoi certaines marques sont surreprésentées dans cette collection, par rapport à d'autres marques plus connues, comme Fender, Gibson, Gretsch...
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4. Les autres acteurs
sur le marché

Parmi les autres fournisseurs de Sears en dehors de Chicago figuraient Danelectro et plus tard la marque japonaise Teisco. Les guitares Mosrite de Californie étaient populaires au Japon et la présence américaine en Allemagne a accru la demande de guitares électriques en Europe.
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"Silvertone" amp-in-case modèle "1457" par Danelectro, Neptune vers 1964.

Ecoutez une Silvertone modèle "1457"
Les modèles "amp-in-case" de Silvertone des années 1960 sont aujourd'hui fréquemment prisés par les collectionneurs. Avant la sortie du modèle "1457" en 1964, Danelectro avait déjà vendu depuis le début des années 1960 des guitares avec des amplis intégrés dans les étuis noirs, notamment les "1448" et "1449" . Le "1457" était le modèle haut de gamme avec une guitare électrique "redburst" à deux micros avec des "accents de couleur argent étincelant". Il comprenait une pédale et un cordon. L'ampli intégré avec 3 tubes et un haut-parleur de 8 pouces (20 cm.) avait des commandes de volume, de tonalité, ainsi que pour l’intensité et la vitesse de l’effet trémolo. Il pèse environ 27 livres. Les amplis Silvertone apparaissent souvent dans les greniers aux États-Unis et s'avèrent très utiles, en particulier pour les sons bluesy. Vers 2005, Mick Jagger s'en servait dans les concerts des Rolling Stones.
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Silvertone amp-in-guitar modèle "1487" par Teisco, le Japon vers 1965.

Démo de la Teisco TGR-1, offerte par Sears sous le nom de "Silvertone model 1487"
Cette guitare Japonaise transistorisée est en fait la version pour Sears de la Teisco TRG-1, introduite en 1964. Elle a été la première guitare à disposer d'un amplificateur et d'un haut-parleur intégrés. Cette guitare remarquable était disponible dans un nombre déroutant de variantes. La version "Silvertone" de 1964 présentée ici a un corps asymétrique, une tête carrée de style "Bizarro Strat" et des incrustations rectangulaires près du bord de la touche . La majeure partie de la face de la guitare était recouverte d'un grand pickguard en métal, doté d'un micro bicolore et d'un petit interrupteur marche/arrêt coulissant pour l'ampli. En position off, la guitare jouait comme une guitare électrique normale. Des fentes de grille horizontales ont été découpées dans le pickguard, derrière lesquelles se trouvait un haut-parleur de 3 pouces (8 cm.). L'ampli fonctionnait avec deux piles de 9 volts installées à l'arrière. La TRG-1 était une guitare étonnante et tout collectionneur d’instruments électriques qui se respecte devrait en avoir une.
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Mosrite "Mark IX", Jonas Ridge (NC) 1992.

Ecoutez "The Ventures"  sur des guitares Mosrite
Ecoutez "The Ramones" sur des guitares Mosrite
 La société Mosrite a été fondée par Semie Moseley à Bakersfield, en Californie,  en 1952. Ses guitares, y compris celle présentée ici, étaient connues pour leur design innovant, leur belle ingénierie et leurs micros à haut rendement. Le trémolo Vibramute est de loin supérieur au système Bigsby que de nombreuses entreprises utilisaient à l'époque. Les guitares Mosrite étaient populaires au Japon. Ce n'est pas un hasard car les Ventures et plus tard par les Ramones, des groupes qui ont connu leurs plus grands succès au Japon, jouaient tous des Mosrites. Leur popularité y est restée très forte et de nombreuses entreprises ont fabriqué des guitares inspirées de celles-ci. La gamme de guitares "Ventures" de Moseley est généralement considérée comme le produit phare de l'entreprise et cette Mark IX de 1992, l'une des dernières Mosrites jamais fabriquées, est presque identique. Les guitares Mosrite sont difficiles à trouver, chères, et la qualité des originales est toujours restée très respectable.
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Framus Americana, modèle "5/136", Bubenreuth vers 1960.

Une Framus Sorella équipé d'un "pickguard" Framus à micros
La présence américaine en Allemagne a fait augmenter la demande de guitares. Des sociétés allemandes telles que Höfner et Framus sont passées à la fabrication de guitares peu après la guerre et ont fait des affaires en or, y compris au Royaume-Uni avec les Beatles comme principaux représentants.
La société Framus a été fondée à Erlangen en Allemagne de l'Ouest en 1946. Bientôt, l'usine a déménagé à Bubenreuth, à proximité, et a évolué vers la fabrication de guitares. Produite entre 1958 et le milieu des années 1960, l’"Americana" est un oiseau rare qui n’apparaît même pas dans les catalogues originaux de Framus. Cet archtop léger a un corps assez petit proche de la Gibson Les Paul. L'utilisation d'épicéa et d'érable pour la table et le fond la rend très similaire aux modèles "Club" de Höfner, le plus proche concurrent de Framus en Allemagne.  De ce fait, et aussi  par son ouie en forme de ‘S’, il illustre la tradition luthière du quatuor dont il est issu.  Le manche en acajou est doté du cache-truss-rod typique de Framus. Le pickguard en métal flottant noir avec deux micros intégrés produit un son vintage chaud et gras.


Troisième partie (à l'arrière de la salle au 1er): Les innovateurs

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1. Mario Maccaferri

L'Italien Mario Maccaferri est célèbre pour sa guitare swing manouche typique, conçue en 1923 pour le distributeur Selmer à Paris et appréciée du guitariste Django Reinhardt. Moins connues sont les activités ultérieures de Maccaferri en tant qu’inventeur et homme d’affaires fermement convaincu du plastique.
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Guitare Maccaferri modèle "G30", New York 1953.

Du "ragtime" sur une Maccaferri G30
En 1953, Maccaferri présente une guitare archtop, le modèle G40, fabriquée à partir du type de plastique qu'il a toujours privilégié : le Dow Styron. Bien que ces instruments ressemblent à première vue à des jouets, le créateur les considère comme des instruments à part entière. Andres Segovia, le grand maître de la guitare classique, en a même fait la promotion. Les contours du corps et de la tête ont été copiés du design à succès de Mario pour Selmer, tout comme le chevalet et le cordier. Le G40 fut bientôt suivi par une version flattop, le G30. Tout comme son prédécesseur, il avait un dessus couleur crème et un fond marbré. La simplification du chevalet et du cordier visait à réduire le prix, mais au final ni le G30 ni le G40 ne se sont bien vendus. Néanmoins, en raison de leur conception et de leurs matériaux originaux, ainsi que de leur importance dans l'histoire de la guitare, ces instruments peuvent être trouvés dans d'importants musées comme le Metropolitan de New York et le Museum of Fine Arts de Boston.
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Guitare Maccaferri modèle "G30" de démonstration, New York 1953.

La G30 n’était pas une guitare jouet. Le désir de Maccaferri de fabriquer des guitares décentes en plastique devient évident lorsqu’on regarde leur construction. Les G30 et G40 étaient équipées de mécaniques à engrenages, les barres de renfort de la table étaient en bois et la hauteur du manche était réglable de par un boulon à travers l'extension en aluminium du manche. Et pourtant, même l’utilisation du bois et de l’aluminium n’a pas pu empêcher ces instruments en plastique de se fissurer et de devenir parfois inutilisables avec le temps. Cependant, Maccaferri n'a pas abandonné facilement l'idée et, encore en 1989, il a fièrement, mais toujours sans succes, sorti un violon en plastique.  Pourtant, il avait fait fortune pendant la seconde guerre mondiale après avoir vendu des pinces à linge en plastique et d'autres ustensiles. À la fin de la guerre, il avait commencé à fabriquer des anches en plastique pour instruments à vent et à partir de là, il utilisa ce nouveau matériau pour produire non seulement des appareils d'interphonie, mais aussi des guitares, des violons et d'autres instruments. Il a vendu plus de 9 millions de ukulélés en plastique entre 1949 et 1969.
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2. Leo Fender

Leo Fender était avant tout un bon entrepreneur qui développait des idées existantes et les mettait sur le marché au moment opportun. En tant que réparateur de radio dans les années 1930, ses clients comprenaient des guitaristes de lap steel (guitars hawaïennes) qui se plaignaient des défauts de leurs instruments, et il commença alors lui-même à construire ce type de guitares. Avec l'Esquire de 1950, rebaptisée plus tard Telecaster, la Precision Bass de 1951 et la Stratocaster de 1954, il a largement déterminé le son de la musique pop.
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Fender "Stratocaster", Fullerton, 1954.

Buddy Holly and The Crickets: "That'll Be The Day"
En 1949, Leo Fender avait construit le prototype de son "Esquire", plus tard rebaptisé Telecaster,avec une "caisse de résonance" en bois massif. L’idée n’était pas neuve. Les guitares hawaiiennes électriques avaient presque toujours eu des corps massifs et, depuis les années 1930, il y a eu les “solid body Spanish guitars” comme on les appelait, fabriquées par Rickenbacker et d’autres.
Fender a créé un instrument fiable mais abordable en utilisant de bons matériaux tels que l'érable pour le manche et le frêne des marais (swamp ash) pour le corps, ainsi qu’en simplifiant les processus de fabrication de guitares traditionnelles, en utilisant des manches boulonnés avec des têtes plates et des corps profilés avec des surfaces planes. La Stratocaster qu'il développa en 1954 devait devenir la version la plus élégante et techniquement améliorée de la Telecaster, avec une forme de corps ergonomique, un vibrato et trois micros. L'électronique a été améliorée, offrant un choix illimité de sons, et la finition bicolore sunburst a donné à l'instrument une apparence classique. Les guitaristes  Buddy Holly, Carl Perkins, Ike Turner et Hank Marvin ont contribué au succès de cette guitare emblématique.
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Copie récente d’une Fender “Precision Bass” de 1957.

Un solo: "Turtle Bay" sur une Fender Précision
La Precision Bass a été développée en tant qu’alternative compacte à la contrebasse que Fender appelait ironiquement la "niche à chien". Cette basse électrique n'est pas une invention de Fender lui-même, mais un concept basé sur une idée de l’inventeur Paul Tutmark de 1937. La première unité commerciale de la Precision Bass a été produite en octobre 1951. Elle avait un corps en frêne "en dalle" (les bords légèrement arrondis) avec deux" cornes" qui offraient un meilleur équilibre, appliqués ensuite à la Stratocaster aussi, un manche d’une seule pièce en érable fixé au corps par quatre vis, un seul micro et deux pontets. Initialement, elle empruntait plusieurs caractéristiques à la Telecaster, notamment la forme de sa tête et du pickguard, ses deux potentiomètres, ses deux boutons de commande chromés en forme de dôme, sa prise de sortie et ses boutons de sangle. Plus tard, la forme ergonomique des côtés du corps, le contour du pickguard et de la tête  penchaient plutôt vers le design de la Stratocaster. L'une des caractéristiques les plus importantes de la Precision Bass était sa longueur de diapason, que Leo Fender, après un examen attentif et de longues expérimentations, a fixée à 34 pouces (86 cm.).
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Violon électrique Fender modèle "FV-3" basé sur la version de 1969, Corona, après 1999.

Ecoutez  un violon électrique "Fender" de 1958
Ecoutez un violon électrique "Fender" d'apres 1999
Ecoutez le violoniste de Frank Zappa dans "Willie the Pimp" (1969)
En 1958, Fender produisit un très petit nombre de violons électriques, mais dans ce domaine aussi, il n'était pas non plus le premier. Les violons électriques sont déjà arrivés sur le marché dans les années 1930 et 1940, fabriqués par des sociétés telles que Electro Stringed Instrument Corporation, National et Vega. La tentative de Fender de lancer un violon à corps solide n'était pas un succès, ce qui a conduit d'autres fabriquants à tenter de combler le vide. Ce n’est qu’à la fin des années 60 – avec l’essor de la musique rock et des pionniers de la guitare électrique comme Jimi Hendrix – que le violon électrique a commencé à engendrer ses premiers véritables héros du pop. Sur l'album "Hot Rats" de Frank Zappa en 1969, le violoniste Don "Sugarcane" Harris sur le morceau "Willie the Pimp" a prouvé que le violon pouvait effectivement s'intégrer dans le domaine du rock. Cette année-là, Fender, alors racheté par CBS, réédite à nouveau le violon électrique (avec un bouton de sangle !), jusqu'en 1975. En 1999, la société Fender a de nouveau relancé le violon électrique, mais l'instrument était alors très différent du modèle original de Leo Fender.

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3. La société Gibson

Des travaux révolutionnaires ont été effectués aux usines Gibson à Kalamazoo près du lac Michigan. Orville Gibson lui-même a déjà introduit un certain nombre d'innovations au début du 19ème siècle, ainsi que, après lui plusieurs employés de la société.
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Les innovations dans la construction des guitares, mandolines et banjos

L'histoire de Gibson avant 1940 (en anglais)
Les succès de Gibson avant la Seconde Guerre mondiale étaient basés sur les inventions d’Orville Gibson lui-même et de collaborateurs tels que le designer Lloyd Loar. Les innovations ne se rapportaient pas seulement à la guitare, mais aussi à la mandoline et au banjo. Gibson est resté un leader dans le secteur des instruments à cordes tout au long de l'entre-deux-guerres. Pour la guitare et la mandoline l'inspiration a surtout été tirée de la lutherie du quatuor. Pour le banjo un système particulier de tendre la peau sur les anneaux et de fixer le résonateur a été développé. On a également mené des expériences dans le domaine de l'amplification utilisant l'électricité. Les principaux guitaristes de jazz d'avant-guerre comme Charlie Christian se servaient de guitares électrifiées fabriquées par Gibson.
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Gibson modèle Les Paul "Goldtop" 1956 (réplique), Kalamazoo c. 2015.

"How High the Moon" par Les Paul et Mary Ford en 1951
Documentaire sur les experimentations de Lester Polfus (en anglais)
Dans sa recherche d’une guitare électrique qui ne provoque pas de feedback, Lester Polsfuss, alias Les Paul, expérimente début des années 1940 avec son "Log" :  deux moitiés d’un vieil Epiphone attaché de part et d’autre d’une pièce centrale massive. Il présenta son idée auprès de la direction de Gibson, qui à cette époque a ridiculisé le concept et rejeté le prototype. Six ans plus tard, le respectable conseil d'administration a quand même pris le risque de démarrer la production d'un "solid body". Le nouveau  Fender "Telecaster" avait creé une petite tempête dans le monde de la guitare, prouvant que la vision solide de Les Paul n’était pas aussi ridicule que Gibson ne le pensait au départ. Par conséquence, en cette même année 1951, une équipe Gibson a commencé à travailler sur ce qui allait devenir le modèle Les Paul, avec la contribution et l'approbation de Les Paul lui même. Gibson souhaitait un instrument à la hauteur de sa réputation de fabricant d'instruments haut de gamme. Un corps en acajou avec une seule découpe était recouvert d'une table en érable avec une couche dorée étincelante, d'où le surnom de "goldtop". Les micros étaient du type "P90" et le cordier en trapèze était similaire à celui utilisé sur les guitares de jazz de Gibson de l'époque. Ce dernier fut bientôt remplacé par un chevalet "stop tail" avec des goujons vissés dans la caisse. Avec les Telecaster et Stratocaster de Fender, la "Les Paul" fut l'une des premières guitares électriques à corps solide produites en série. Elles ont depuis été présentées dans de nombreuses variantes différentes, et en raison de leur polyvalence, elles ont été et sont toujours maintenant utilisées dans un large éventail de genres musicaux.


Quatrième partie (à droite dans la salle du 1er étage): Recherche de plus de volume sonore

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1. Technique de jeu et type de cordes

La tendance à augmenter le volume sonore des guitares vient principalement des États-Unis.  On veut pouvoir rivaliser avec les instruments à vent et les percussions, ou tout simplement mieux se faire entendre par un public plus large.
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Une collection de médiators, 1925-1970.

L'histoire du "351", le médiator le plus influent de tous les temps (en anglais)
A la fin du XIXe siècle, l'écaille de tortue de mer devient plus populaire que la plume comme matériau pour les médiators. Cependant, elle était rare, chère et avait tendance à se briser. Tony D'Andrea et son père Luigi ont découvert que le celluloïd était parfait pour la remplaçer. Des années 1920 aux années 1950, "D'Andrea Manufacturing" allait dominer le marché international des mediators.  Cette manufacture fournissait aux plus grands fabricants, tels que Gibson, Fender et Martin, développant plus de 50 formes. Certains exemplaires sont encore utilisés aujourd'hui. Le "351" par exemple était associé à Nick Lucas, le chanteur et guitariste du début du XXe siècle qui a été le premier à populariser le médiator. A partir des années 1950, le quasi-monopole de D'Andrea était brisé et vers le milieu des années ‘60, des plectres en nylon plus durables étaient développés presque simultanément par Herco, ainsi que par un nouvel acteur sur le marché: Jim Dunlop.
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Les cordes en métal remplacent les cordes en boyeau

Les cordes en acier étaient déjà utilisées sur les guitares à la fin du 19e siècle. L'acier offrait un matériau uniforme et cohérent qui pouvait être tiré à très haute tension sans rupture. Du coup, le facteur limitant pour les instruments n’était plus les cordes, mais les instruments eux-mêmes. Il fallait désormais renforcer les instruments pour résister aux nouvelles tensions créées par les cordes en acier. C’est la principale raison pour laquelle Orville Gibson a développé la guitare archtop. Un catalogue Gibson de 1903 indiquait que vous deviez préciser si la guitare que vous commandiez serait utilisée avec des cordes en acier ou en boyau. Les nouvelles guitares pourraient accepter des cordes lourdes et produire des sons plus forts – même suffisamment chargés pour rivaliser avec les banjos et les vents. Pendant la Première Guerre mondiale, l'approvisionnement des cordes en boyau importés aux Etats Unis a été interrompu. Désormais, les manches de guitare devaient résister aux nouvelles cordes à tension plus élevée sans se déformer avec le temps. Thaddeus McHugh de la Gibson Guitar Company a résolu ce problème en 1921 avec le développement du truss rod réglable en acier – une tige en acier filetée placée dans le manche pour contrer la tension des cordes. Ensuite, les fabricants de cordes ont commencé à se concentrer sur l'évolution des alliages de cordes pour produire une durée de vie plus longue et un meilleur son, certains développés pour les guitares électriques, d'autres pour les qualités sonores acoustiques. Dès lors, la guitare supplante progressivement le banjo et la mandoline.
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2. Guitares de jazz, 12-cordes et grandes caisses de résonance

Les cordes métalliques ont obligé les constructeurs à utiliser de nouvelles techniques pour résister à la pression plus élevée des cordes. Des caisses de résonance plus grandes et le doublement des cordes s'inscrivent dans cette tendance innovante.

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Fond inachevé en érable ondé, sortant des usines de Gibson, Kalamazoo vers 1935.

L'histoire de la Gibson L-5 (en anglais)
Orville Gibson expérimentait avec des tables et fonds voûtés taillés dans la masse depuis le début du siècle. Ses successeurs dans les usines Gibson ont appliqué encore plus d’éléments de la fabrication du violon à la guitare et à la mandoline: chevalets lâches, cordiers séparés et trous sonores en forme de ff. Cela mênera au developpement de la guitare typique de jazz, bien que les "archtops" seront utilisés dans plusieurs genres musicaux: country, blues, gypsy swing etc.  Le principal atout de la guitare archtop était son gros volume sonore.
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George Houghton modèle "Reliance", Birmingham vers 1930.

La société Gibson a sorti un certain nombre de modèles archtop à succès dans les années vingt et trente, comme les "L5 et L50". Bientôt, ils furent copiés par d’autres fabricants aux États-Unis et à l’étranger. Cette guitare britannique s'inspire clairement des modèles moins chers "L30" et "L37" de Gibson, illustrant ainsi le succès des guitars de jazz en dehors des États-Unis. Bien que moins soigné que son modèle d’origine, il s’agit toujours d’une alternative intéressante pour un guitariste qui n’a pas les moyens de s’offrir une vraie Gibson. George Houghton a établi sa Reliance Works à Birmingham en 1888. Ses banjos et guitares bon marché, de bonne facture, sous la marque "Reliance" entre 1933 et 1956, se sont bien vendus.  Si rapidement que son usine s’est agrandie et a pris le nom de G. Houghton & Sons. Ils ont maintenu un catalogue d'instruments avec lequel de nombreux détaillants et grossistes composaient leurs propres catalogues. En 1962, George Houghton junior décida de fermer ses portes.
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Guitare Oscar Schmidt à 12 cordes, Chicago vers 1930.

Leadbelly chante "Where Did You Sleep Last Night" en 1944
Des caisses de résonance plus grandes et le doublement des cordes ont également contribué à obtenir un son plus complet. Ici, nous voyons les deux phénomènes rassemblées en une seule guitare. Déjà à la fin du XIXe siècle, des expériences ont conduit à l’arrivée de la guitare à 12 cordes, mais il faut attendre les années 1920 et 1930, pour que plusieurs "bluesmen" favorisent ce type de guitare.  Le joueur le plus célèbre de cet instrument était le chanteur de blues Huddie William Ledbetter (1888-1949), mieux connu sous le nom de "Leadbelly". Plusieurs groupes ont repris son travail, dont Creedence Clearwater Revival et Nirvana. Depuis, les douze-cordes ont été utilisés maintes fois dans la musique pop.
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3. Guitares à résonateur

 C’est vers 1929, l’année du krach boursier, que les guitares à résonateur arrivent sur le marché. Trois types principaux émergent: une guitare avec un cône en aluminium tourné vers l’extérieur ou vers l’intérieur, ou une avec trois cônes plus petits.
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Résonateur "Tricone" avec trois petits cônes reliés les uns aux autres.

Un court fragment sur une National Tricone de 1927
"Kuu Ipo" par les Moonlighters, avec un solo sur la Tricone
Plusieurs hommes qui, quelques années plus tard, seront  au berceau de la guitare électrique ont participé également à la création de la guitare à résonateur: George Beauchamp et Adolph Rickenbacher. (La marque s’épellera plus tard ‘Rickenbacker’).  Le guitariste George Beauchamp, qui avait du mal à se faire entendre, a pris contact avec John Dopyera, un immigrant tchèque avec qui il a collaboré à Los Angeles sur les moyens de rendre les guitares hawaïennes plus sonores et le résultat a été le Tricone introduit en 1927. Rickenbacher, qui vivait pas loin de Dopyera et qui possédait l'une des plus grandes presses d'emboutissage profond de la côte ouest, a aidé à fabriquer des caisses de résonance métalliques pour les guitares National. Le corps comportait trois résonateurs coniques en aluminium reliés par une barre en aluminium en forme de T qui soutenait le pont. Leur tonalité est complexe, douce et résonne longtemps.
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Résonateur avec cône du type "spider", généralement associé au nom de marque "Dobro".

"Old Country Church" joué sur une Dobro
En 1928, Dopyera quitte National pour former la "Dobro Manufacturing Company" avec ses quatre frères, "Dobro" étant une contraction de Dopyera. Ils ont sorti une guitare à résonateur concurrente avec un seul résonateur qui présente sa surface concave vers le haut, et qui peut être décrit comme "cône à araignée".  En effet :  il y avait, par-dessus, une grille en aluminium avec 8 ‘pattes’ sur lequel le chevalet reposait au centre. Ce système était moins cher à fabriquer et produisait plus de volume sonore que le Tricône de National. Au fil du temps, le mot "dobro" est devenu une marque générique utilisée pour désigner toute guitare à résonateur. Les corps des guitares sont généralement en bois. Les matériaux du corps et le type de résonateur influencent le son, mais le manche est encore plus fondamental. Vous avez deux choix principaux : les instruments à manche rond, conçus pour être joués comme des guitares conventionnelles, et les modèles à manche carré qui se jouent comme un lap steel: sur les genoux. Les Dobros sont généralement utilisés pour le bluegrass. Ils résisteront à une tension de corde plus élevée, ce qui permet d'utiliser des cordes de bluegrass vraiment grosses et un accord ouvert "dobro G". Le son est doux et chantant, avec une bonne projection et un ton concentré.
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Résonateur avec cône "biscuit", généralement associé à "National".

Animation 3D de la structure d'une "Biscuit Bridge Resonator Guitar"
Son House joue "Death Letter Blues" sur une National "single cone"
National a contré le Dobro avec son propre modèle à résonateur unique, que Dopyera lui même avait conçu avant de quitter l'entreprise. Ils ont également continué à produire le modèle Tricône, que de nombreux joueurs préféraient pour sa tonalité. Les nouveaux modèles à résonateur unique utilisaient un biscuit en bois au sommet du cône pour soutenir le pont. À ce stade, les deux sociétés se procuraient de nombreux composants auprès d'Adolph Rickenbacher, notamment les cônes en aluminium.
Les guitares à cône unique non inversé avec un pont en biscuit ont été particulièrement appréciés des joueurs de blues, surtout les modèles à corps métalliques. Après de nombreuses actions en justice, les frères Dopyera prirent le contrôle de National et de Dobro en 1932, puis les fusionnèrent dans la "National Dobro Corporation". Cependant, ils ont arrêté toute production de guitares à résonateur après l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale en 1941.


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4. Les premiers amplis et guitares électriques

La guitare électrique n’a pu réellement se développer que lorsque les amplificateurs ont pu produire suffisamment de son. Autrement dit, cette évolution n'a été possible qu'à partir du moment que les amplificateurs sont devenus plus efficaces.

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Maquette d’un projecteur de film "Keystone" des années 1930.

Vieil enregistrement de Roy Smeck qui joue à la  hawaiienne sur une guitare normale
Dans les années 1920, il était très difficile pour un guitariste équipé d'un micro de trouver un amplificateur et un haut-parleur pour rendre son instrument plus puissant. Les premiers amplificateurs ne pouvaient être alimentés qu’avec de grosses batteries lourdes. La gamme de fréquences des haut-parleurs était limitée et la puissance acoustique était faible. Fin des années 1920, les ingénieurs ont développé les premiers amplificateurs alimentés sur secteur quand le film parlé est né. Mais les grands systèmes de sonorisation pour salles de cinéma étaient très volumineux et très coûteux.  Après 1927, des systèmes de sonorisation plus petits et portables alimentés par le secteur, pouvaient être branchés sur une prise murale ordinaire. Ces systèmes "Public Adress" (PA) sont rapidement devenus populaires auprès des musiciens. Il ne fallut pas longtemps avant que le premier amplificateur de guitare proprement dit soit fabriqué, et grâce à lui, il devient possible de donner à la guitare électrique une place stable sur le marché.
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Stromberg-Voisinet "faux-resonator", Chicago, vers 1928.

Un titre intrigant du journal "The Music Trades", daté du 20 octobre 1928, annonçait le lancement de la première guitare dotée d'un element électrique. Contrairement aux inventions précédentes, les instruments Stromberg-Voisinet ont été développés en un produit commercial destiné au grand public. Le micro a été intégré dans une guitare à faux résonateur comme celle-ci, fabriquée par Stromberg-Voisinet même (prédécesseur de Kay). Le catalogue de 1929 déclare : "Le son de ces instruments est amplifié plusieurs fois, grâce à un capteur magnétique intégré à l’instrument qui capte les vibrations directement de la table d’harmonie".
Ce ne fut pas un succès. L'ampli avait un faible volume de sortie et la gamme tonale des pavillons, comparée aux hauts-parleurs à diaphragme désormais courant, était limitée. En plus ces premières unités étaient lourdes, coûteuses et parfois même dangereuses.
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Guitare de salon avec "pickup" électromagnétique, vraisemblablement un prototype de Oscar Schmidt, Chicago vers 1934.

Stella "Electric Spanish Guitar" de 1935, fabriquée par la Oscar Schmidt Company
Plus tard que la concurrence, Oscar Schmidt a tenté sa chance à contrecœur dans le monde de la guitare électrique. Cette expérience sans enthousiasme, dans laquelle une guitare ordinaire à table plate était équipée d'un micro "horeshoe" très similaire à celui développé par Beauchamp et Rickenbacher, ne s'est pas avéré être un succès, d'autant plus que des constructeurs tels que Gibson et National ont rapidement lancé des guitares électriques archtop de qualité.
La Gibson ES-150, introduite en 1936, est généralement reconnue comme la première guitare électrique de "style espagnol" à succès commercial (c.à.d. avec un profil de manche arrondi). Dès ses débuts, elle est immédiatement devenue populaire auprès de guitaristes de jazz aussi remarquables que Charlie Christian, répandant ainsi sa renommée.
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5. La guitare électrique est arrivée à maturité

Dans les années 1950, après les expérimentations de Gibson, Fender et autres, la guitare électrique perce véritablement dans le grand public et ne quitte plus cette place. De grandes stars ont servi de modèles lors des grands festivals et concerts de la fin des années 1960 et leur exemple a été suivi avec enthousiasme.
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L'anatomie et le fonctionnement de la guitare électrique: guitare et ampli en plexi.

Les parties principales de la guitare:
-La tête contient les accordeurs et les guides cordes. - Les accordeurs permettent de régler la tension d'une corde afin obtenir l'accordage souhaité.- Les guides de cordes améliorent la stabilité de l'accordage en guidant les cordes vers le sillet. -Le sillet a pour rôle de guider et maintenir en place les cordes de la guitare. Il détermine la hauteur des cordes par rapport à la touché. -Le manche est une longue pièce de bois reliant la tête de la guitare à son corps. -La touche est une pièce de bois longue et fine qui est collée au manche et dans laquelle sont insérés les frettes et les points de référence. C'est sur cela que reposent les doigts du guitariste lorsqu'il joue. - Le "truss rod" est une tige d'acier incorporée dans le sens de la longueur dans le manche et qui sert à ajuster la courbure du manche. -Le corps d’une guitare électrique peut prendre un très grand nombre de formes. Après tout, les guitares électriques produisent principalement leur gamme de sons via des microphones et un amplificateur. -Le pickguard est tout simplement la plaque qui protège le corps de la guitare des coups d’ongles et des mediators et sur laquelle sont montés les micros, les potentiomètres et le sélecteur de micros. -Le "pickup" ou capteur électrique convertit les vibrations des cordes métalliques en un signal électrique. L'amplificateur intervient ensuite pour amplifier le signal électrique avant qu'il ne soit reconverti en vibration par le haut-parleur. -Le sélecteur de micros vous permet de contrôler les différents micros individuellement ou de les combiner pour une variété de tonalités. -Les potentiomètres sont des boutons de réglage qui peuvent modifier le volume ou la tonalité de l'instrument. -Le chevalet, avec le sillet, détermine la longueur totale des cordes vibrantes. -Certaines guitares électriques disposent d'un bras de vibrato permettant de changer la tension pour que la hauteur des notes puisse varier. -Les boutons de courroie vous permettent d'attacher une sangle à la guitare.
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Guitar heroes.

Jimi Hendrix joue Voodoo Child en 1970
Eric Clapton avec Cream en 2005
Vers 1950, la guitare "Solid Body" a été commercialisée par Fender et Gibson. Le "feedback", boucles sonores qui surviennent parce que les vibrations des haut-parleurs sont amplifiées à nouveau via le micro de la guitare, est largement neutralisé par la caisse de résonance pleine.
Ces guitares électriques avec caisses de résonance pleines deviendront particulièrement populaires auprès du grand public dans les années à venir. Des "guitar heroes" tels que Jimi Hendrickx et Eric Clapton contribuent à cette évolution.

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Rickenbacker modèle "325", réplique vers 1995.

Les Beatles en concert en 1965
La Rickenbacker "325" de John Lennon en gros plan
Au début des années 1960, l'histoire des Rickenbackers est devenue à jamais liée aux Beatles, qui en utilisaient plusieurs modèles. Cette histoire d'amour a commencé en 1959, lorsque Lennon a vu le guitariste Jean "Toots" Thielemans jouer sur une Rickenbacker. L'année suivante, alors qu'il était à Hambourg, il s'acheta un "natural blond model 325" avec un vibrato. Au début de 1964, Rickenbacker lui fournit un nouveau 325, mis à jour en pensant à Lennon. Le nouveau 325 de Lennon était peint en noir avec un pickguard blanc à double couche, un bouton de réglage de balance extra, un vibrato "Ac'cent" amélioré et un corps Jetglo semi-creux plus mince avec une table solide, un diapason court de 20,75 pouces (53 cm.) et des incrustations de touches en points. Lennon a rapidement adopté cette guitare comme instrument principal. À un moment donné, il a plié le bras du vibrato, probablement parce qu’il l’encombrait. Lorsque ce modèle est entré en production, il s'est vendu environ 400 £. Aujourd'hui, un 325 jetglo de 1964 peut être acquis pour 20 000€ en moyenne.
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Höfner modèle "500/1", Bubenreuth 1964.

Sir Paul McCartney joue un solo sur sa Hôfner Bass
Bien que les Beatles aient également joué sur des guitares américaines, y compris Rickenbacker et Epiphone, ils aimaient utiliser des instruments européens, surtout au début de leur carrière. Paul Mc Cartney est actuellement encore associé à sa basse "violon" Höfner. McCartney a acheté sa première Höfner "500/1" parce qu'elle était bon marché, près de 200 dollars de moins qu'une basse Fender à l'époque. Bientôt  il découvre les avantages de l'instrument: il était léger, facile à jouer, sonnait bien et avait une belle apparence même lorsqu'il était tenu dans la position "à l'envers", comme il le faisait en tant que joueur gaucher. Pour des raisons de marketing, le modèle 500/1, conçu en 1955, était à l'origine appelé "basse violon". Cependant, le corps ressemble à une viole d'amour sans ouïes en raison de la faible hauteur des éclisses, des coins droits et des épaules inclinées. Quoi qu'il en soit, il est construit avec des bois et des méthodes de construction proches de ceux utilisés par les facteurs de Höfner quand ils produisaient des violons. L'instrument était destiné aux contrebassistes à la recherche d'un instrument plus portable. Il est en effet très léger et facile à jouer, grâce à son diapason court, à sa construction à corps creux et à ses caractéristiques similaires à celles d'une contrebasse. Lorsqu’on souhaite des basses profondes et entraînantes, l’emblématique "500/1" est un bon choix.

Merci pour votre visite. Nous espérons que cela vous a plu.

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